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Critères de sélection : Devis de peinture

     Il n’est pas toujours facile pour le rédacteur de devis de prescrire le système de peinture le mieux adapté à un projet. De plus, il est parfois souhaitable d’ajouter certaines précisions au devis, par exemple : méthode de travail, conditions d’application et surtout, la préparation de surface, qui est l’élément ayant l’impact le plus élevé sur la qualité des travaux. Bien sûr, en tant que fabricant de peinture, il nous fait plaisir de  vous offrir un service d’expert-conseil, mais j’aurai besoin que vous me donniez des renseignements précis sur certains points que je présente, à titre d’aide-mémoire, avec l’acronyme USE, soit utilisation, surface, environnement. Utilisation : vous avez besoin d’un système de peinture pour un plancher de béton. Fort bien, mais quelle utilisation sera faite de ce plancher ? Usage piétonnier seulement, passage occasionnel de véhicules ? J’ai travaillé récemment sur un projet destiné à des chars d’assaut ! Parlons-nous d’une résidence, ou d’un endroit public où circulent quotidiennement plus de 10 000 personnes ? Quelle utilisation sera faite des murs que vous voulez peindre ? Les murs d’un musée seront peut-être manipulés avec précaution, ceux d’un laboratoire peuvent être désinfectés quotidiennement, un corridor d’hôpital devra résister à l’abrasion causée par les civières s’il est situé à l’urgence, mais pas nécessairement dans un corridor de bureaux administratifs. Ne pas bien comprendre l’utilisation peut résulter en un choix de produit sous-performant par rapport aux exigences, ou au contraire, surperformant, ce qui peut gonfler inutilement la facture. Surface : il est primordial de bien comprendre le type et l’état de la surface. Si l’on doit peindre du métal, de quel métal s’agit-il ? L’acier requiert un apprêt différent du métal galvanisé, par exemple.  L’état de la surface est également primordial. La surface est-elle nue, ou bien déjà apprêtée et prête à être peinte ? Travaillons-nous sur une surface comportant une peinture existante ? Quel est l’état de la peinture déjà en place ? Est-elle en assez bon état pour être simplement repeinte, devrait-elle être poncée, ou même carrément retirée ? Certaines problématiques sont inhérentes au type de matériau utilisé. Le métal présente-t-il des traces de rouille ? Le béton présente-t-il des traces d’efflorescence ? D’autres problématiques sont reliées à l’utilisation antécédente des lieux : un plancher de garage a pu être contaminé par de l’huile à moteur. Environnement : Nous parlons ici de conditions telles que la température, l’humidité, l’exposition aux rayons u.v. et autres. Nous prenons également en considération l’environnement au moment d’exécuter les travaux,  ainsi que l’environnement permanent. Il arrive que les travaux soient exécutés en saison froide, alors que les systèmes de chauffage et de ventilation ne sont pas encore en fonction. Idéalement, les travaux devraient être exécutés à des températures entre 10 et 25 degrés Celsius. On devrait prendre la température de l’air et celle de la surface. Un écart de température trop élevé entre les deux peut causer des problèmes. Nous recommandons des taux d’humidité relative inférieurs à 50%.  Généralement, au-delà de ce seuil, la peinture sèche significativement plus lentement, et nous recommandons de doubler le temps d’attente avant d’appliquer une couche de peinture subséquente. Le taux d’humidité de la surface devrait aussi être vérifié. Une surface trop humide peut causer des problèmes de séchage et de décollement. Gardez à l’esprit qu’un produit pouvant résister à l’humidité (une fois sec) ne peut pas nécessairement être appliqué dans des conditions de forte humidité.

En ce qui concerne l’environnement permanent, y aura-t-il de l’humidité ? Si oui, de quelle nature ? La salle de bains d’une résidence ? La douche de la chambre des joueurs d’un aréna ? La vapeur extrêmement chaude du lave-vaisselle industriel d’un hôpital ? La surface sera-t-elle soumise à d’importantes variations de température ? Peindre l’extérieur d’un bâtiment situé près de l’océan, ou même l’embouchure du fleuve peut nécessiter une peinture qui résiste à l’air salin. La plupart des rédacteurs de devis ont quelques systèmes préférés, ayant fait leurs preuves lors de projets précédents, et qu’ils réutilisent d’un projet à l’autre. Comme vous pouvez le constater, il peut être bon de revalider ces systèmes de temps à autre avec votre expert-conseil en peinture, surtout si l’analyse du USE laisse entrevoir un ou plusieurs éléments inhabituels. La préparation de surface : Elle est primordiale. Et elle varie d’un projet à l’autre. Il n’y a pas de méthode universelle. Elle est en fonction du type et de l’état de la surface. Minimalement, la préparation de surface consiste à nettoyer de façon à ce que celle-ci soit propre et sèche. Le nettoyant sera choisi en fonction du type de contaminant à retirer, en s’assurant qu’il soit compatible avec la surface. D’autres étapes de préparation peuvent se rajouter. Décapage, ponçage, réparation, scellement des nœuds, application d’une couche de fond. La prescription de préparation de surface doit être nuancée et idéalement comporter une « obligation de résultat » visuelle qui indique au superviseur des travaux que ceux-ci ont été exécutés avec succès. Par exemple, au lieu de « poncer » : « poncer en utilisant un papier de grade 100 pour délustrer la surface ».  Enfin, d’autres critères sont importants, tels que la technologie de peinture à utiliser (acrylique ? Polyuréthane ? Époxy ?) Le fini (ou degré de lustre) et bien sûr, la couleur. Il est plus difficile d’obtenir un aspect satisfaisant avec un fini lustré; un entrepreneur consciencieux devant appliquer un fini lustré pourrait choisir d’effectuer un ponçage plus minutieux que d’habitude, ou d’appliquer une couche de fond. Le professionnel de la peinture sait aussi reconnaître les couleurs qui cachent moins bien, et qui pourraient nécessiter l’application d’une couche supplémentaire. Il va en tenir compte dans son prix et aussi dans ses échéanciers. On constate que la couleur et le fini peuvent causer ces maux de tête que l’on appelle : dépassement des coûts et dépassement des échéanciers. Donc, à proscrire de nos devis, la petite phrase anodine suivante : « couleur et fini au choix de l’architecte »!

Philip Caron Directeur, devis architecturaux Pour Sico et Bétonel-Dulux, Des marques de PPG Canada